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Le service national universel, cette promesse de campagne qui tourne au cauchemar

le service national universel cette promesse de campagne qui tourne au cauchemar

POLITIQUE - Si Emmanuel Macron a promis que le service national universel arriverait "à bon port" , l'affaire apparaît pour le moment mal embarquée. Ce mercredi 14 février, un rapport parlementaire présenté devant la commission Défense de l'Assemblée nationale propose un "parcours de citoyenneté" réalisé au cours de la scolarité. Dans le détail, les rapporteuses Emilie Guerel (LREM) et Marianne Dubois (LR) préconisent "un enseignement moral et civique renforcé" à l'école ainsi qu'"une semaine annuelle de la défense et de la citoyenneté (obligatoire)" pour les adolescents âgés de 11 à 16 ans.

S'en suivrait ensuite un "rite de passage", également obligatoire, pour les jeunes de 16 ans. Une semaine en internat (à l'armée ou chez les pompiers par exemple) ou en immersion dans une association. La troisième phase préconisée par le rapport prévoit "une incitation à l'engagement" vers les dispositifs déjà existants ( service civique, garde nationale etc.).

Un dispositif aux antipodes de ce que promettait le candidat Macron, qui rêvait pendant sa campagne de " recréer un rendez-vous pour toute la Nation " pour "toute une classe d'âge" entre 18 et 21 ans, et difficilement compatibles avec les dernières annonces présidentielles sur le sujet. Rapports contradictoires, cacophonie gouvernementale et un président de la République qui n'en fait qu'à sa tête... Tous les ingrédients du cocktail de la promesse de campagne intenable sont a priori réunis.

Cacophonie

Devant la presse ce mardi 13 février, le chef de l'État a répété son souhait d'un service universel comportant une "partie obligatoire de 3 à 6 mois". Une annonce qui intervient au terme d'un couac gouvernemental sur cette notion d'obligation . Et ce ne sont pas les déclarations de la ministre des Armées, Florence Parly, qui ont contribué à dissiper cette impression de cacophonie. Après avoir expliqué que le "SNU" ne serait "pas obligatoire", celle-ci expliquait deux jours plus tard que le dispositif ne serait "pas facultatif".

Derrière ce tâtonnement, c'est en réalité la faisabilité du projet, qui comprendra chaque année la prise en charge de 600.000 à 800.000 jeunes, qui pose question. Pour la députée LR Marianne Dubois (co-rapporteuse du rapport parlementaire) la promesse du candidat Macron n'est pas tenable. "Le résultat des travaux, du scénario, est pragmatique, construit à partir d'informations et d'un travail sérieux, de longue durée et non d'une promesse démagogique de campagne", affirme-t-elle dans un communiqué, estimant qu'avec ce document "les députés prônent le retour à la raison".

"On était très sceptique sur les modalités de financement d'une opération comme celle-là (...) même si l'idée paraît sympathique, l'idée ne vaut rien tant qu'elle n'est pas réalisable", assène de son côté la vice-présidente de l'Assemblée nationale et secrétaire générale des Républicains, Annie Genevard.

Un dispositif jugé trop onéreux

Comment loger, nourrir, occuper et -éventuellement former- autant de jeunes chaque année? Selon France Inter , les régions "ont proposé de mettre à disposition 220.000 places dans les établissements pendant les vacances scolaires, tout en soulignant la nécessité de travaux". Des aménagements indispensables que l'État devra financer.

Ceux qui doutent de la faisabilité du projet s'appuient notamment sur les conclusions d'un rapport commandé par Matignon. Le document exprime "d'importantes réserves" sur le plan comptable et souligne la "complexité" du dispositif, dont le coût est estimé entre 2,4 et 3 milliards d'euros par an.

La facture pourrait d'ailleurs s'alourdir dans l'hypothèse où les jeunes seraient logés pendant leur service, ce qui nécessiterait d'ajouter "des investissements initiaux importants dans les centres d'hébergement, qui iraient de 3,2 à 5,4 milliards d'euros", indiquait le journal Les Echos qui avait eu accès au document.

"Si le service national a été suspendu, il y a plus de vingt ans, c'était en premier lieu à cause de son coût, déjà jugé insoutenable", explique dans une tribune publiée dans Le HuffPost , la sénatrice LR Joëlle Garriaud-Maylam. "Le problème est loin de ne se résumer qu'à une équation budgétaire (...). Il soulève aussi d'importants risques juridiques et serait une source majeure de désorganisation de multiples services, ne serait-ce que pour le simple encadrement des recrues. Il ajouterait au fardeau de l'Armée en lui imposant un rôle d'éducateur citoyen qu'elle n'a pas vocation à assurer seule", ajoute-t-elle.

Des arguments que le président de la République n'est visiblement pas prêts à entendre. "Beaucoup disent que c'est impossible à faire. Mais, rassurez-vous, je suis depuis bien longtemps habitué à ces débuts de discussion. Cela forge plutôt en moi la conviction que c'est une nécessité de le faire", martelait-il fin janvier. Le chef de l'État a mis en place un groupe de travail qui devra rendre un rapport le 30 avril. L'exécutif espère expérimenter ce dispositif dès 2019 .

Le HuffPost :

Lire aussi :

• Malgré les milliards promis, pourquoi ce nouveau plan du gouvernement ne va pas rassurer les armées

• Collomb contredit Parly sur le "caractère obligatoire" du service national universel

• Face aux militaires, Macron fait oublier les brouilles budgétaires en sortant le chéquier

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le Mercredi 14 Fevrier 2018 à 13h39 sur « Le Huffington Post »




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